Mutations d un village 1800 2000


Nombre d’exemplaires limité!

Vous pouvez retrouver en vente ce livre à la librairie Frédéric Billon Chaussée de Lille 448, 7501 Tournai.

Préface

En 1933 Xavier Toulemonde patron de l’entreprise française de vente par correspondance « Les Trois Suisses » demande à Jean Landrieux, formé comme lui à l’école de commerce de Lille, de lancer ce concept nouveau en Belgique. L’entreprise s’installe d’abord à Dottignies et le premier membre du personnel engagé est Germaine Decloedt qui n’est autre que ma mère. Mon père la rejoint entre-temps chez le même employeur. Après un passage par  Tournai, « Les Trois Suisse » s’installent en 1955 à Orcq. C’est ainsi qu’en 1956, mes parents achètent un terrain à bâtir au chemin 23 (actuellement rue Victor Crombez) et y emménagent avec moi en février 1957. J’avais 11 ans.

J’étais en cinquième primaire à l’école des frères et empruntais le bus de la ligne 4 Hertain – Baisieux pour faire la navette Orcq – Tournai. Dès notre arrivée au village j’avais été inscrit au catéchisme préparatoire  à la communion solennelle prévue pour le mois de mai. Cette préparation se déroulait au rythme d’une fois par semaine après l’école. Pour aller à la première séance, je me souviens encore avec précision être descendu du bus à l’arrêt de la bascule (actuellement restaurant « La Rose des Sables ») ainsi dénommé parce qu’on pouvait y peser des camions. Le village était couvert d’une épaisse couche de neige et le ciel plombé permettait d’espérer de futures chutes, car à 11 ans la neige est un cadeau. La rue de l’Église déserte, la lumière irréelle et les sons assourdis ont déclenché en moi un sentiment de paix si intense que 60 ans plus tard j’y pense encore avec ferveur. Arrivé à la cure, dans la salle réservée au catéchisme j’ai fait la connaissance de Rosita, Claudette, Maddy, Josiane, Abel, Daniel et Brigitte. L’image de cette dernière s’est fixée pour toujours dans ma mémoire: elle portait un tablier en vichy d’une couleur intermédiaire entre le rouge l’orange et le brun clair, attaché par un nœud dans le dos. Ses cheveux noirs tressés en nattes étaient accrochés sur le haut de la tête à la manière des paysannes russes. Le père Denis, curé du village, franciscain professeur au collège près de l’église Saint-Lazare créait une ambiance bon enfant à l’opposé de celle qui régnait en cinquième primaire régentée par le très sévère Aristide Jauniau chez les Frères à Tournai. Dès ce tout premier contact avec Orcq, je savais que j’allais me plaire. La concrétisation de cet attachement à mon village d’adoption s’est traduite par la création du blog « Marottes de retraités » qui fait la part belle à l’histoire locale et la rédaction du présent ouvrage.