Commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918 à Orcq

Mesdames et messieurs à vos titres et qualités,

Le hasard du calendrier fait que cette année, notre commémoration de la fin de la 1 ère guerre mondiale se déroule exactement un 11 novembre. En 1918, comme jour de référence, si je ne me suis pas trompé, c’était un lundi.
Pendant quelques instants, retournons 99 ans en arrière au même moment, c’est-à-dire 17h. Dans quel état d’esprit se trouvaient les gens ? Comment se comportaient-ils ? Depuis quelques heures, cette paix tant souhaitée leur était revenue. C’était fini de vivre quotidiennement dans la peur et l’insécurité engendrées par ces 4 années de combat et d’occupation. Ils étaient libres de toutes les contraintes imposées par cette situation de guerre, libres du joug de l’occupant. La liberté… Mais à quel prix ?

Commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918 à Orcq
11 novembre 2017 – Commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918 à Orcq

Dans la quiétude retrouvée, jour après jour, les lendemains allaient se montrer douloureux. L’avenir nous le dira…

Je ne vais pas vous raconter de long en large l’histoire de cette guerre, elle vous est bien familière. Pas plus tard que cette semaine, la télévision nous a présenté un document sur Verdun connu pour ses 300 000 victimes. Par de nombreux documents visuels, la guerre nous est bien expliquée. Cette guerre fit des millions de victimes, des veuves, des orphelins et changea la cartographie de certains villages et de l’Europe.

Par contre, on ne parle pas assez souvent de la participation de la Belgique dans ce conflit. Neutre ou pas neutre, elle n’a pas eu le choix… Elle a été obligée d’entrer en guerre. Notre petite armée avec ses faibles moyens a temporairement résisté héroïquement aux assauts de la puissante machine de guerre allemande en pleine apogée. Elle s’est même permise de lui infliger de lourdes pertes. Nos soldats, tant bien que mal, avec acharnement, ont défendu notre territoire m² par m² avec pour conséquences, les sanglantes répressions commises par l’ennemi sur les habitants de certaines régions.

120.000 hommes, une batterie impressionnante d’artillerie pour venir à bout après 1 mois de combat de la poche d’Anvers. Anvers tombé, nos troupes se replieront vers la côte dans la région d’Ypres pour former la boucle de l’Yser. Dernier bastion de l’indépendance de la Belgique.

La guerre de mobilité cédera sa place à la guerre des tranchées… Nous étions partis pour 4 ans ! Notre glorieuse petite armée avait freiné considérablement la progression allemande qui, en principe, devait être très rapide. Permettant ainsi aux armées françaises et britanniques de renforcer et consolider leur position de défense.

Et pendant ce temps-là, quelle était la situation dans notre village ? Orcq n’a pas échappé à l’occupation allemande. Cette présence constante de l’occupant dans ses murs a dû être pesante et pénible. D’autant plus qu’elle s’est accrue avec la construction d’un champ d’aviation derrière le château de la Morlière. Champ d’aviation financé et entretenu par la commune qui a dû emprunter 120.000 francs à l’époque. L’occupant contrôlait tout systématiquement : commerce, économie (en effet, aucune transaction bancaire et commerciale ne pouvait se réaliser sans leur accord). Chaque citoyen devait déclarer tous ses biens matériels : bétail, volaille, céréales, machineries. Déclarations très utiles en cas de réquisition car il fallait subvenir aux logements et aux besoins des soldats. Toute infraction était punie par de lourdes amendes.

Devant tant de pénibles circonstances, voilà pourquoi chaque année, je sollicite votre présence à cette cérémonie. C’est notre devoir de mémoire. Remercions nos anciens pour leur courage, leur bravoure et aussi de nous avoir permis de conserver notre liberté. J’adresse également ce message à la jeune génération qui doit continuer notre action.

Je vous remercie pour votre attention.

Carl Delroisse

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